Séquence d’enseignement sur le mindmapping.


Article publié par Sylvain Litou le 23 juin 2008.

Sylvain Lilou nous présente dans son article son expérience d’enseignement du mind mapping (ce qu’il a fait, ce qu’il ne ferait plus, ses observations, …). Cette séquence a été menée au baccalauréat en France dans le cadre de travaux personnels encadrés, d’où l’abréviation:  TPE et travaux d’initiative personnelle encadrés, TIPE.

Séquence sur le MindMapping

Cette séquence sur le mind mapping ou les cartes heuristiques découle en grande partie de la lecture de l’ouvrage collectif de L.-L. Deladrière, F. Le Bihan, P. Mongin et D. Rebaud intitulé « Organisez vos idées avec le Mind Mapping  » paru chez Dunod en 2004.

Réfléchissant depuis plusieurs années sur l’amélioration des méthodes de travail de nos élèves, mais aussi des miennes, dans le cadre des TPE et des TIPE. J’ai voulu trouver des idées, des pistes de réflexion concernant mon principal souci qui est la réflexion des élèves sur les mots clés qu’ils utilisent dans le cadre de leurs recherches. Et ce, quelque soit le type d’outil utilisé. A partir de cette volonté de travailler sur les mots clés, d’autres problématiques sont apparues au cours de la lecture pré-citée.

Les cartes ont d’autres utilités comme le montre le diaporama ci-joint.

Mon objectif est donc de faire réfléchir les élèves autour de trois axes : la recherche de mots clés pertinents ; la délimitation du sujet par rapport à un thème extrêmement vaste (la nature, l’image par exemple) et l’élaboration d’une problématique adéquate.

Suite à l’article de Pierre Nobis sur ces outils qui fleurissent sur le net et qui sont même les symboles du Web 2.0, je ne m’attarderai pas sur les outils, les concepts et les utilisations. En effet, mon outil principal sera la feuille de papier. Ce n’est qu’après une utilisation régulière des cartes sur support papier que l’on peut passer à des outils informatiques (exemple du logiciel freeware Freemind. Ce dernier se trouvant même sur le cédérom des PR TICE 2007).

1- la délimitation du sujet


Lorsque je présente les cartes heuristiques aux élèves de première pour les TPE et de CPGE pour les TIPE, mes séances m’ont déjà permi d’aborder le travail sur BCDI et la recherche sur internet.

Mind mapping – diaporama

C’est lors de la deuxième séance sur internet que j’aborde la question des moteurs graphiques. Généralement je prends les exemples de Kartoo et de Wikimindmap. Pour compléter l’approche de ces outils, je pars ensuite sur la présentation (déjà faite lors de la première séance internet) de Zefab.info qui contient un champ de recherche pour les moteurs graphiques. J’explique alors aux élèves que ces outils se développent et qu’ils permettent de présenter sous une autre forme la liste des résultats d’une recherche sur un moteur, annuaire ou métamoteur. On passe d’une simple liste à une vision graphique des résultats, vision qui permet aussi de percevoir les liens entre les sites et entre les mots clés les plus importants. Je décris à ce moment le principe de base des cartes heuristiques : mettre sous forme graphique le contenu de son cerveau vis à vis d’un thème.

Je demande alors à un groupe ayant déjà une idée de son sujet (groupe que j’ai repéré la semaine précédente), même vague, de faire un remue-méninges des idées, des concepts, des mots clés qui leur viennent à l’esprit concernant leur sujet. Je les mets sous forme d’une carte heuristique au tableau, en essayant de bien insister sur l’arborescence. Je n’aborde pas les liens entre les différents concepts ou idées car l’on tendrait alors vers des cartes conceptuelles qui sont difficiles à réaliser à cette étape du travail pour des lycéens (Cf. article de Pierre Nobis pour les différentes définitions).

Ensuite, je fais intervenir les autres élèves afin qu’ils peaufinent, ouvrent de nouvelles branches par rapport au sujet de départ. Je leur fais alors prendre conscience du bénéfice de ce type d’outil (Cet outil graphique peut faciliter l’approche d’un problème, d’un sujet mais les élèves ne sont pas égaux devant ce type de travail. Les cartes heuristiques sont un outil parmi d’autres, il ne faut pas l’imposer forcément à tous les élèvescar chacun a ses méthodes d’apprentissage. Il faut néanmoins qu’ils le testent avant de faire leur choix. Pour bien utiliser, réaliser les cartes heuristiques, il faudra aux utilisateurs créer de multiples cartes, sur des sujets très différents. C’est une précision que je donne aux élèves à la fin de ce brain-storming).

Ensuite, je leur montre ma carte heuristique sur le sujet (ayant repéré un groupe la semaine précédente, je prépare ce travail en 20/30 mn au maximum). On compare les deux cartes avec l’aide d’un élève qui essaye d’en faire la synthèse. Je leur demande ensuite d’essayer durant une ou deux séances de tester ces cartes. Généralement, 1/4 ou 1/2 des groupes vont s’accrocher à cet outil pour des périodes allant de 2 à 5/6 semaines.

Voici un exemple de cartes réalisées en TPE avec un groupe de 1° L. On y retrouve les grandes parties de leur travail final. Ces cartes ont ensuite perdu de leur utilité parce que le plan a très rapidement été validé par les enseignants encadrant ce travail.

Lors de ma séance avec les CPGE, c’est mon collègue enseignant qui choisit un sujet. Les étudiants émettent des idées, des mots clés que j’essaye ensuite de mettre en forme suivant les indications des étudiants.

2- le travail sur les mots clés


C’est au même moment que je travaille sur les mots clés. C’est un sujet déjà largement abordé lors des séances sur BCDI et sur les moteurs, annuaires et métamoteurs de recherche. Je réitère encore mon conseil : une recherche qui fonctionne ne peut avoir de résultats pertinents qu’avec des mots clés adéquats.

Les cartes heuristiques peuvent aider les élèves dans leur réflexion grâce aux différentes étapes cartographiques de leur travail.

En effet, les élèves ont déjà créé des cartes pour affiner leur sujet. Il ne faut surtout pas que les élèves jettent ou corrigent leurs anciennes cartes . Il faut toujours la refaire, repartir à zéro. Cela permet de voir l’évolution, les aléas de la pensée des élèves, l’ordre de priorité donné à certains éléments par rapport à d’autres. Tous ces brouillons sont utiles car ils obligent les élèves à mettre à plat leurs idées, les mots qui leurs viennent à l’esprit.

Je fais alors un retour vers Kartoo ou Wikimindmap afin de leur montrer que les mots clés qu’ils ont utilisé peuvent aussi amener d’autres mots clés. Ces derniers peuvent alors leur donner de nouvelles pistes de réflexion, des problèmes auxquels il faudra éventuellement répondre.

Au final, ce travail sur les mots clés n’a pas rendu les résultats escomptés. Certainement que je demanderai aux élèves de noter chaque mot clé utilisé dans le cadre de leur recherche dans leur carnet de bord, carnet que nous regardons toutes les semaines mes deux collègues et moi-même. Le fait de noter ces mots, de faire des cartes nous permettra de faire réfléchir les élèves à la corrélation entre leur sujet et leurs recherches. C’est l’un des points sur lesquels je travaillerai l’année prochaine !

3- La problématisation du sujet


Les cartes, comme nous l’avons vu dans les deux parties précédentes sont refaites à chaque fois qu’une nouvelle vision du sujet apparait, qu’un nouveau concept, qu’une nouvelle idée apparaissent.

Les éléments que l’on retire, ceux que l’on ajoute permettent à l’élève, au groupe de mieux cibler leur objectif, ce vers quoi il voudrait tendre. C’est à dire qu’ils appréhendent mieux la/les questions auxquelles ils veulent répondre. La problématique apparait alors !

Je conseille aux élèves d’utiliser une nouvelle carte et de barrer les idées qu’ils ne veulent finalement pas aborder ou qui leur semblent trop compliquées pour leur TPE. Généralement, une idée de premier niveau (première branche de l’arborescence) peut faire l’objet d’une partie de leur TPE/TIPE. Mais les choix qu’ils effectuent doivent tout de même conduire à une problématique solide et non pas à un plan juxtaposant 3 parties bien distinctes les unes des autres.

Mais dans le même temps, il est bien évident que la problématique s’adaptera tout au long du TPE ou du TIPE aux informations trouvées, aux réorientations mineures dans leur travail.

C’est dans cette partie que l’utilisation a été la plus efficace. En effet, souvent des élèves n’arrivent pas à structurer leurs idées quant à leur sujet. Le mettre sous forme graphique peut permettre d’avoir une autre vision du problème.

Ce fut ainsi le cas pour l’un de nos étudiants préparant l’oral d’entrée à Sciences Po. Depuis plusieurs semaines, il n’arrivait pas à établir un plan en corrélation avec sa problématique. Le fait de lui montrer ce qu’est une carte heuristique et quasiment automatiquement, après deux essais, il a enfin trouvé son plan.

4 – Conclusion


Au final, l’utilisation des cartes heuristiques a apporté une nouvelle approche à nos élèves dans l’élaboration de leur plan, de leur problématique et dans leur recherches documentaires. Mais cet outil n’est qu’un outil parmi les autres. Il n’est pas la solution à nos problématiques.

L’utilisation des cartes demande à être affinée. Cependant, il fonctionne pour certains élèves et avec des résultats plus que probants dans certains cas.

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